17 nominés annoncés pour 2026
Les Nominés pour le Panthéon du Rock & Roll 2026 : Une Liste Éclectique et Inévitable
Le vote pour le Panthéon du Rock & Roll de 2026 a été révélé sans tambour ni trompette, comme à son habitude : une liste ordonnée qui semble à la fois prévisible et parfaitement adaptée. Dix-sept artistes ou groupes y figurent. Certains attendent leur consécration depuis longtemps, d’autres vont déclencher des débats passionnés avant même que vous ayez fini votre café matinal. Et quelques-uns feront hurler vos amis les plus opiniâtres.
Dix des dix-sept sont des nouveaux venus sur la liste, ce qui traduit soit un progrès, soit la preuve que le Panthéon suit son propre rythme. Probablement un peu des deux.
Les Nouveaux Nominés : Des Icônes Longuement Attendu(e)s
Phil Collins attire tous les regards, du moins sur le papier. Il a déjà été intronisé en 2010 en tant que membre de Genesis, mais c’est sa première nomination en solo – ce qui paraît surprenant vu qu’il est éligible depuis 2006. Vingt ans, c’est long pour laisser un tube comme In the Air Tonight résonner dans les stades, les diffusions NBA et les pistes de danse des mariages avant de le reconnaître. Le répertoire solo de Collins n’a jamais été discret ni modeste. On peut rouler des yeux devant ses batteries filtraites, elles sont partout.
Il n’est pas seul parmi les novices. INXS fait enfin son entrée, ravissant ceux qui se souviennent comment ils dominaient les ondes radiophoniques de la fin des années 80. Melissa Etheridge apporte sa rudesse terre-à-terre. Iron Maiden hisse le drapeau du metal, avec mascottes incluses. Le regretté Jeff Buckley est également présent, relançant les discussions habituelles sur le génie, la brièveté et ce qui aurait pu être.
On y trouve aussi New Edition, architectes d’un pop-R&B qui résonne encore aujourd’hui. Pink, qui a rendu l’arena-pop à la fois brute et physique. Shakira, dont la portée mondiale a redéfini le concept de crossover. Lauryn Hill, une force solo sur un seul album dont l’influence dépasse largement sa discographie. Et le regretté Luther Vandross, une voix si suave qu’elle modifiait presque la température ambiante.
Cette sélection n’est pas une vision étroite du rock. Elle ne l’est plus depuis un moment. Le Panthéon s’est ouvert à une diversité plus large. Certains fans s’en offusquent encore, d’autres l’ont accepté. Le « rock and roll » a cessé d’être une question de tonalité de guitare vers l’époque où une boîte à rythmes a commencé à émouvoir.
Les Retours : La Patience Récompensée ?
Les nominés récurrents rappellent que la patience fait partie du jeu. The Black Crowes et Billy Idol reviennent après leur première apparition l’an dernier. Idol semble avoir soundtraché les vestes de cuir pour l’éternité. Les Crowes ont bâti une carrière sur du charisme et de l’entêtement. Aucun des deux n’a jamais quémandé d’approbation.
De retour également : Mariah Carey, dont les vocalises ont inspiré mille auditions de télé-réalités. Oasis, probablement en train de se disputer quelque part. Joy Division et New Order, regroupés comme il se doit – l’ombre d’un groupe se muant en néon pour l’autre. Sade, qui a rendu la retenue radicale. Et Wu-Tang Clan, la crème de Staten Island, toujours pour les enfants.
Cette liste évoque une étagère de vinyles bien usés. Des fans de metal, des fidèles du R&B, des romantiques du britpop, des puristes du rap backpack. Des nostalgiques de l’adult-contemporary qui jurent que la radio a culminé en 1987. Tout le monde y trouve son compte. Personne n’obtient tout.
La règle d’éligibilité reste simple : 25 ans depuis la première sortie commerciale d’un artiste. Un calcul net. Les arguments, eux, sont tout sauf clairs. Influence contre ventes. Innovation contre longévité. Impact culturel contre « mais est-ce qu’ils rockaient vraiment ? ». Ces débats font partie intégrante du Panthéon, au même titre que les discours d’intronisation et les jams improvisés.
L’Annonce et la Cérémonie à Venir
La classe de 2026 sera révélée en avril. La cérémonie aura lieu cet automne, date précise à confirmer. D’ici là, les exclusions piqueront, les vainqueurs feindront la surprise, et au moins un intronisé tiendra un discours plus long que ses singles radio.
Le rituel annuel se déroulera comme toujours. Quelqu’un déclarera le Panthéon obsolète. Un autre le défendra comme un sol sacré. La plupart d’entre nous atterriront entre les deux : sceptiques, curieux, discrètement investis.
Parce qu’au-delà des critiques, il y a quelque chose d’important à voir ces noms réunis. C’est un instantané de l’ampleur que prend désormais la tente. Un rappel que le rock and roll, quel que soit son nom aujourd’hui, n’a jamais été un seul son.
C’était une sensation. Ça l’est encore, et en avril, nous serons tous rivés à nos écrans.
