« C’était trop dur pour eux que je ne sois plus dans le groupe » : en 1993, lors du retrait de Bruce Dickinson, une large part des supporters d’Iron Maiden a choisi de ne pas suivre le groupe.

Bruce Dickinson se confie sur le rejet initial de sa carrière solo après Iron Maiden

Bruce Dickinson a récemment évoqué la réserve glaciale manifestée par une partie des fans à l’égard de ses projets personnels suite à son départ d’Iron Maiden en 1993. Il exprime son incompréhension devant l’attachement fervent de ce public à l’essence même du groupe, perçu comme un lien indéfectible.

Une séparation interprétée comme une défection

Lors d’un entretien avec Metal Hammer, le vocaliste a partagé sa surprise face à l’accueil réservé à son choix de quitter Iron Maiden en 1993. Pour nombre de supporters, ce geste n’a pas représenté une simple exploration créative, mais une infidélité flagrante. Dickinson précise : « Aucun ne souhaitait accorder une opportunité à mon disque, car il leur était trop pénible d’admettre mon absence de Maiden. » Son épouse lui aurait décrit la réalité sans ménagement : « Même en cas de chef-d’œuvre absolu, personne n’aurait tendu l’oreille. » Ce verdict douloureux s’est vérifié avec la sortie de son opus Balls To Picasso en 1994, accueilli tièdement.

Un lien viscéral avec Iron Maiden

Le chanteur admet ne pas adhérer à cette fidélité presque clanique : « Je n’éprouve pas ce sentiment d’appartenance tribale. Je saisis qu’il motive l’amour pour Maiden, mais je peine à m’y projeter. » Il assimile cela à la passion irrationnelle pour une équipe de foot, une émotion qu’il affirme ne pas partager.

Une phase solo délaissée, suivie d’un comeback fulgurant

De 1994 à 1998, Bruce Dickinson a sorti plusieurs albums audacieux, tels que Skunkworks, Accident Of Birth et The Chemical Wedding. Néanmoins, une frange des admirateurs persistait à le cantonner à Iron Maiden, refusant toute alternative. Parallèlement, le groupe avançait avec Blaze Bayley au micro, générant des retours mitigés pour The X Factor (1995) et Virtual XI (1998).

Le rapatriement de Dickinson en 1999, flanqué d’Adrian Smith, a tout transformé. Il décrit un « jaillissement d’inspiration » qui a abouti à Brave New World en 2000 : « Tout l’acquis de mon exil s’est cristallisé dans ce projet. » Cela dit, ce retour n’a pas été sans tensions internes. Steve Harris, pilier et bassiste d’Iron Maiden, avait exprimé des réserves initiales : « Le retour de Bruce était génial, en partie. Mais je n’étais pas pleinement convaincu par ses motivations », confiait-il à MusicRadar. Au fil des ans, le musicien a su « occultant certains différends pour raviver l’esprit collectif ».

Un agenda dense pour Iron Maiden en 2025

Aujourd’hui, Bruce Dickinson jongle habilement entre ses engagements solo et ceux du groupe. Après The Mandrake Project en 2024, il envisage d’entamer l’enregistrement d’un nouveau disque personnel début 2026. Il rejoindra ensuite Iron Maiden pour la prolongation de la tournée Run For Your Lives, commémorant les 50 ans de la formation.

Les supporters français auront trois occasions majeures : une prestation au Hellfest le 19 juin, un show à Paris La Défense Arena le 22 juin (capturé en vidéo, avec une zone sans smartphones), et une étape au Groupama Stadium de Lyon le 28 juin. La tournée s’étendra en Europe, en Amérique et au Royaume-Uni, avec des invités comme Anthrax, Megadeth, Evergrey et Trivium en ouverture.

Entretien de Bruce Dickinson pour Metal Hammer :