Lionheart – Valley Of Death II
Avec Valley Of Death II, Lionheart ne propose pas seulement un nouveau disque, mais une extension impitoyable de son expérience personnelle. Chaque piste évoque une déclaration intense, forgée dans l’épreuve quotidienne plutôt que dans une simple attitude. L’atmosphère est oppressante, imprégnée par la dureté de la réalité. Lionheart progresse sans adoucir les angles, dépeignant un univers où l’on doit se cuirasser très jeune, endurer en silence et persévérer. Dans cet opus, le hardcore sert de moyen d’expression cru et franc pour narrer la persistance, l’épuisement psychique et la fureur de ceux qui tiennent bon malgré les obstacles. Valley Of Death II n’ambitionne ni la guérison ni une consolation superficielle ; il se dresse comme un récit brut sur l’art de rester debout dans un cadre destructeur.
Des chants pour absorber les impacts
Dès l’ouverture de l’album, le morceau « Bulletproof » impose l’atmosphère. Il est obsédé par le concept d’une sentence prononcée avant même d’exister. Dès les premiers vers, Lionheart décrit une vie marquée par une menace imminente, comme si l’échec était inscrit d’avance. Les métaphores de gibet, de fractures osseuses et de spectres accablants illustrent un bagage traumatique qui hante sans relâche, malgré les tentatives d’évasion répétées incarnées par le terme « run », presque compulsif. Ce titre n’exalte pas l’invulnérabilité, mais la résilience imposée. Être « bulletproof » chez Lionheart, ce n’est pas ignorer la souffrance – c’est avoir maîtrisé l’art d’encaisser et de persister, même face à ce qui aurait dû tout anéantir.
Le titre phare, « Valley Of Death II », métamorphose un espace fictif en paysage intérieur et collectif. La « Valley Of Death » n’est pas un lieu géographique fixe : c’est un domaine où l’agressivité est courante, où la finitude s’intègre au paysage, où l’on affronte le péril en face dès le plus jeune âge. Les directives presque surréalistes – « south of hell, break left » – accentuent ce sentiment d’un territoire exceptionnel, pris entre l’abîme et le tangible. Elle incarne ainsi une condition durable, une tension perpétuelle, tout en symbolisant l’instinct de survie.
Pourtant, « Release The Dogs » signale le tournant où la défense passive cède à une contre-attaque inéluctable. Lionheart y dépeint un seuil de saturation, quand la souffrance perd son emprise. Le morceau suggère une évasion futile, une existence qui vous rattrape systématiquement, une réalité trop oppressante pour être éludée. « Release the dogs of war » représente cette fureur longtemps réprimée, désormais libérée sans retour en arrière : plus de fuite possible ni de compromis, juste ce moment décisif où l’on passe de la subissement à la réaction, non par choix, mais par obligation.
Enfin, « Death Grip ». La participation d’A Day To Remember n’ajoute pas de l’optimisme forcé, mais amplifie la lourdeur du morceau. Si les autres pistes traitent de combat, d’évitement ou de revanche, celui-ci fixe l’attention sur un instant suspendu. Les paroles rejettent catégoriquement tout apaisement. Aucune clarté, aucune sérénité, aucune croyance, pas même le repos comme refuge. En bouclant l’album sur ce morceau, Lionheart écarte toute conclusion simpliste. Ce titre ne vise pas à soulager, mais à défier. Comme une étreinte mortelle autour du cou, il souligne que certaines luttes ne s’emportent pas – on les endure.
Persévérer, coûte que coûte
Valley Of Death II n’est pas un opus destiné à réconforter. Il est conçu pour soutenir ceux qui avancent la mâchoire crispée, ceux qui saisissent l’épuisement d’une résistance ininterrompue. Lionheart offre un enregistrement compact, authentique, profondément enraciné dans le concret. De l’armure affective de « Bulletproof » à l’asphyxie conclusive de « Death Grip », cet album n’annonce pas de triomphe, mais insiste sur le fait que se maintenir en vie est souvent la riposte la plus féroce.
Informations
Label : Arising Empire
Date de sortie : 09/01/2026
Site web : lionheartca.com
Notre sélection
Bulletproof
Chewing Through The Leash
Valley Of Death II
