JOHN SYKES : EP Posthume à Paraître Chez GOLDEN ROBOT RECORDS
John Sykes : Un Adieu Musical Posthume avec un EP Attendu chez Golden Robot Records
Dans un hommage vibrant à l’un des guitaristes les plus emblématiques du rock, le label australien Golden Robot Records vient d’annoncer la sortie imminente d’un EP posthume de John Sykes, le légendaire musicien anglais connu pour ses passages marquants chez Tygers of Pan Tang, Thin Lizzy, Whitesnake, Blue Murder et son projet solo Sykes. Ce projet, qualifié de « profondément spécial et historique » par le label, promet de clore en beauté la carrière d’un artiste adulé, en offrant aux fans un dernier chapitre puissant. Prévu pour plus tard cette année, cet EP arrive dans un contexte émouvant, Sykes s’étant éteint en janvier 2025 à l’âge de 65 ans, après un combat acharné contre le cancer, comme l’a révélé un communiqué sur sa page Facebook vérifiée.
John Sykes avait marqué les années 1980 par ses contributions explosives à Thin Lizzy et Whitesnake, où sa guitare virtuose et son style influencé par le hard rock ont défini une époque. Mais ces dernières années, l’artiste semblait s’être retiré dans l’ombre, entre projets avortés et tensions personnelles. En juillet 2021, il avait toutefois ravivé l’espoir avec la sortie du clip officiel de « Out Alive », un titre produit par Parker Thibault et enregistré plusieurs années plus tôt. Ce morceau était destiné à figurer sur « Sy-Ops », son album solo tant attendu, le premier en deux décennies. Quelques mois plus tôt, en janvier 2021, Sykes avait dévoilé « Dawning Of A Brand New Day », également réalisé par Thibault, avec des images supplémentaires fournies par Natasha Gregory et James Sykes. Parmi les autres pistes prévues pour « Sy-Ops » figuraient « Believe In Yourself » et « My Guitar », promettant un mélange de classiques revisités et de nouveautés inspirées.
La relation de Sykes avec Golden Robot Records, annoncée en janvier 2019, avait pourtant tourné court. À l’époque, le guitariste australien s’était engagé pour un album solo avant la fin de l’année, marquant son retour sur scène après une longue pause. Lors d’une interview accordée à Reality Check TV au Hall Of Heavy Metal History d’Anaheim en janvier 2019, Sykes expliquait son retrait temporaire : « J’ai tendance à me replier sur moi-même un moment. Parfois, je m’éloigne et tout coupe. Mais l’envie de remonter sur scène me démange de plus en plus. » Il décrivait « Sy-Ops » comme un opus équilibré, « avec des saveurs anciennes et modernes, solide de bout en bout, sans remplissage », susceptible de toucher un large public rock.
Malheureusement, les choses se sont gâtées rapidement. En 2020, Sykes a rompu avec le label sans avoir sorti le moindre disque, accusant Golden Robot de « peu d’efforts pour avancer, malgré notre patience ». Son groupe de tournée prévu incluait alors son ancien complice de Blue Murder, le bassiste Tony Franklin, et le batteur Fred Boswell Jr., signe d’un retour en force qui n’aura jamais lieu.
La carrière de Sykes reste indissociable de Whitesnake, où il a coécrit neuf titres de l’album éponyme de 1987, un pilier du hard rock qui s’est écoulé à plus de huit millions d’exemplaires aux États-Unis. Des hits comme « Is This Love » (un power ballad inoubliable) et « Here I Go Again » (numéro 1 des charts) ont propulsé le groupe vers un succès crossover massif. Pourtant, l’histoire s’est terminée en queue de poisson : Sykes, le bassiste Neil Murray et le batteur Aynsley Dunbar ont été évincés avant même la sortie de l’album. David Coverdale, chanteur et leader de Whitesnake, a ensuite formé une nouvelle formation pour la tournée, plus adaptée à l’ère MTV.
Des années plus tard, en 2017, Sykes n’avait pas digéré cette trahison. Dans une interview pour le magazine Rock Candy, il avouait une amertume persistante : « David ne nous a rien dit de son intention de nous virer. J’ai découvert la nouvelle en contactant notre A&R, John Kalodner. » Il raconte avoir tenté de confronter Coverdale au studio, pour le voir « fuir en voiture pour se cacher ! ». Sykes rejetait les excuses du chanteur, qui blâmait le label Geffen, et contestait ses affirmations sur la composition des parties guitare : « Quand je le connaissais, David baragouinait à peine à la guitare. » Il écartait fermement toute future collaboration : « Ses rumeurs sur un projet hors Whitesnake sont fausses. Je n’ai aucune envie de lui reparler. »
Avant cela, Sykes avait quitté Thin Lizzy en juillet 2009 pour se recentrer sur sa musique personnelle. En 2012, un superprojet avec le batteur de Dream Theater Mike Portnoy et le bassiste de Mr. Big Billy Sheehan avait capoté après des démos prometteuses, évoquant des vibes Zeppelin/Sabbath ou Floyd/Purple. Plus récemment, en 2020, son ex-collègue de Blue Murder, le batteur Carmine Appice, confiait à SiriusXM’s Trunk Nation n’avoir eu aucun retour malgré ses messages : « Je pense qu’il a raccroché les guitares. Tony Franklin n’a pas de nouvelles non plus. » Blue Murder, formé par Sykes, avait produit deux albums cultes : l’auto-intitulé de 1989 et « Nothin’ But Trouble » en 1993.
Cet EP posthume chez Golden Robot Records pourrait donc réconcilier les fans avec l’héritage inachevé de Sykes, transformant un au revoir en célébration éternelle. Un dernier riff pour un maître du rock, dont la guitare continue de résonner.
