L’avocat de Mick Mars fustige la décision de l’arbitre en faveur de Mötley Crüe : « C’est ridicule », dit-il
Victoire décisive pour Mötley Crüe : Mick Mars perd son bras de fer juridique et doit rembourser des centaines de milliers de dollars
Los Angeles, le [date actuelle] – Dans une décision qui secoue le monde du rock, un arbitre a tranché en faveur de Mötley Crüe dans le long litige opposant le groupe à son ancien guitariste, Mick Mars. L’homme de loi de Mars, Ed McPherson, a qualifié ce jugement d’« horrible » et d’« injuste », accusant le groupe d’avoir abandonné son membre fondateur après 43 ans de loyauté, simplement parce que sa santé l’empêchait de tourner. Mais pour Mötley Crüe, cette sentence représente une « victoire décisive » qui protège non seulement ses intérêts financiers, mais aussi sa réputation légendaire.
Un départ forcé pour raisons de santé
Tout a commencé en octobre 2022, lorsque Mick Mars, de son vrai nom Bob Deal, a annoncé son retrait des tournées de Mötley Crüe en raison d’une aggravation de son ankylosante spondylarthrite, une maladie inflammatoire chronique qui affecte principalement la colonne vertébrale et le bassin. Malgré les années de souffrance endurées sur scène, Mars avait insisté pour rester membre du groupe, affirmant qu’il pourrait encore contribuer en studio, lors de performances isolées ou de résidences fixes. John 5, un guitariste chevronné, a pris sa place sur la route.
Seulement six mois plus tard, Mars a porté plainte contre Mötley Crüe devant le tribunal supérieur du comté de Los Angeles. Il accusait les autres membres – Nikki Sixx, Tommy Lee et Vince Neil – d’avoir tenté de l’évincer de la société du groupe lors d’une réunion d’actionnaires, le privant ainsi de sa part des bénéfices. Selon lui, le groupe voulait le reléguer au rang de simple actionnaire sans influence.
L’affaire a été transférée en arbitrage privé, présidé par l’honorable Patrick Walsh (retraité). Le verdict, rendu cette semaine, est sans appel : l’arbitre a confirmé que Mötley Crüe avait le droit de destituer Mars en tant que dirigeant et membre pour « cause légitime », en raison de son incapacité à tourner. De plus, Mars a été condamné à rembourser plus de 750 000 dollars en avances de tournée non amorties, après décompte de la valeur de ses parts. Net, c’est une condamnation en faveur du groupe.
Un accord de 2008 au cœur du litige
L’un des points pivots de la décision repose sur un avenant au contrat du groupe signé en 2008, que Mars lui-même aurait rédigé et exigé. Ce document stipule clairement qu’un membre qui cesse de tourner perd tout droit aux revenus de la route. Malgré cela, Mars réclamait 25 % des gains des tournées à vie, sans plus performer. L’arbitre a rejeté cette demande, considérant qu’elle violait les termes écrits.
Sasha Frid, avocate de Mötley Crüe au cabinet Miller Barondess, LLP, a salué cette issue dans un communiqué : « Cette ruling non seulement valide le groupe sur le plan contractuel et financier, mais elle démonte aussi le récit public que Mars a promu dans les médias. » Elle souligne que l’arbitre a rejeté toutes les revendications de Mars, ordonnant même des dommages et intérêts en retour.
Des accusations publiques qui s’effondrent
Au-delà des querelles d’affaires, l’affaire a pris une tournure explosive avec les allégations de Mars contre la crédibilité live du groupe. Pendant l’arbitrage, il a lancé une campagne médiatique affirmant que Mötley Crüe ne jouait pas en direct lors de sa tournée des stades en 2022. Il a même juré sous serment que la basse de Nikki Sixx et les batteries de Tommy Lee étaient préenregistrées, et qu’il était le seul à jouer 100 % live.
Ces déclarations ont été démontées lors des audiences. Confronté à des enregistrements de concerts et au témoignage de son propre expert – un professeur de l’Université de New York spécialisé en technologie musicale –, Mars a dû admettre que ses affirmations étaient fausses. L’expert a confirmé que le groupe performait bel et bien en live. Mars a formellement retiré ses allégations sous serment.
Nikki Sixx, bassiste et principal compositeur du groupe, avait déjà réagi l’an dernier dans les colonnes du Los Angeles Times : « Mick est venu nous voir et a dit qu’il ne pouvait plus remplir son contrat pour des raisons de santé. On l’a libéré de l’accord. Puis il nous a attaqués en justice parce qu’il ne pouvait plus tourner. On lui a répondu : ‘Si tu ne peux pas tourner, tu ne tournes pas.’ » Sixx a défendu les pratiques du groupe : « Tout ce qu’on améliore sur scène, on le joue vraiment. Les voix de fond, les chœurs… Ça ne veut pas dire qu’on ne chante pas. »
Allen Kovac, manager de Mötley Crüe depuis plus de 30 ans, a été plus virulent dans une interview à Variety en 2023. Il accuse les représentants de Mars d’avoir orchestré une « campagne de diffamation » pour prendre l’ascendant. « Mick n’est pas la victime. Les victimes sont Mötley Crüe et la marque dont il est si fier. Avec sa maladie dégénérative, on exploite un aîné. C’est de l’abus. » Kovac insiste : le groupe a toujours traité Mars mieux que les autres, l’ayant « porté » et sauvé la vie à de nombreuses reprises.
Il a aussi nuancé les performances : « Tout est live pour la basse de Nikki et les batteries de Tommy. Les boucles ? Ils jouent quand même dessus. Les voix augmentées, c’est du multi-tracking en studio, comme tous les groupes. Mick n’était plus au top depuis longtemps – les critiques le disaient. Même Def Leppard, qui alternait avec nous, le savait. Il jouait les mauvaises parties, les mauvais morceaux. Les ingés du son devaient corriger pour que le public n’entende pas le désastre. »
Un legs rock’n’roll entaché, mais préservé
Fondateur de Mötley Crüe en 1981, Mick Mars a apporté sa touche au son du groupe, co-écrivant des hits comme Same Ol’ Situation (S.O.S.), Girls, Girls, Girls et Dr. Feelgood. Sur les deux premiers albums, son seul crédit est l’instrumental God Bless The Children Of The Beast sur Shout at the Devil (1983). Malgré cela, Sixx reste le pilier créatif.
Ed McPherson, avocat de Mars, a confié à Rolling Stone : « Cette décision est ridicule. Le groupe n’a jamais été juste avec Mick. Quand il a dit ‘Je ne peux plus tourner à cause d’une maladie horrible, mais je peux écrire, jouer des one-offs ou des résidences, et enregistrer’, ils ont répondu : ‘Désolé, après 43 ans, tu es dehors. Au revoir, et on ne te paie plus.’ Mick en a marre de Mötley Crüe. La question est de savoir s’il veut continuer le combat. »
Pour Frid, cette affaire dépasse le cadre financier : « C’était une question de protéger l’intégrité et l’héritage d’un des groupes les plus emblématiques du rock. L’arbitre a appliqué les accords tels quels, et le groupe est blanchi sur tous les fronts – légal, financier et factuel. »
Ce chapitre amer pourrait marquer la fin d’une ère pour Mötley Crüe, mais il souligne les tensions inhérentes aux longévités rock’n’roll, entre santé, contrats et loyautés. Mars, à 72 ans, pourrait-il rebondir solo ? Le temps le dira.
