Peter Criss sur l’absence d’Ace Frehley aux Kennedy Center Honors : « J’étais si endeuillé que mon cœur me faisait très mal »

Peter Criss : Confessions d’un batteur légendaire sur les coulisses de KISS

Dans un entretien exclusif et passionnant accordé au magazine Rock Candy, Peter Criss, le batteur original de KISS, âgé de 80 ans depuis décembre dernier, ouvre les vannes de sa mémoire. L’occasion est idéale pour explorer sa vie avant, pendant et après l’ère du groupe surnommé « The Hottest Band In The World ». Avec une franchise désarmante, Criss évoque ses débuts, les auditions délirantes, l’invention du maquillage iconique et les drames récents qui ont marqué son parcours.

Tout a commencé par une simple petite annonce. Après la dissolution de ses groupes précédents, Chelsea et Lips, Peter Criss passe une pub dans un journal local de New York. C’est Gene Simmons, futur bassiste et chanteur de KISS, qui décroche le téléphone. « Es-tu grand ? Es-tu beau gosse ? As-tu les cheveux longs ? Es-tu prêt à porter une robe et des talons hauts ? Es-tu prêt à mettre du rouge à lèvres ? », lui demande-t-il sans ambages. « Je n’en revenais pas de ces questions, mais elles m’ont intrigué. J’ai dit à ma femme à l’époque : ‘Je dois rencontrer ce type' », se souvient Criss avec un sourire dans la voix.

Récemment marié et de retour d’une lune de miel à Londres, Criss décide de se mettre sur son 31 pour l’audition. Il se rend aux mythiques Electric Lady Studios, habillé de vêtements branchés acquis outre-Manche. « Gene m’a dit plus tard qu’il pensait que j’étais une rockstar venue enregistrer un album », rit-il. Le courant passe immédiatement avec Simmons et Paul Stanley, et le trio répète ensemble pendant un temps, formant un embryon de groupe.

Mais il manquait un guitariste soliste. Une autre petite annonce est publiée, et une ribambelle de candidats se présentent. Puis arrive Ace Frehley. « Il a fait une entrée fracassante avec sa veste de motard et des baskets de couleurs différentes. Il y avait déjà un autre gars qui jouait, mais Ace s’en fichait. Il l’a ignoré, a branché sa guitare et a commencé à jouer. On s’est tous regardés et on a pensé : ‘Putain !’ Il a été pris sur-le-champ », raconte Criss, encore impressionné par ce moment décisif.

L’idée du maquillage, qui deviendra la signature de KISS, naît d’une fusion d’influences : le glam rock, le shock rock d’Alice Cooper, mais aussi… les Beatles ! « John, Paul, George et Ringo avaient chacun leurs fans individuels, en plus de ceux du groupe. On voulait la même chose, mais en version théâtrale. On s’est dit : ‘Et si on essayait le maquillage ?’, explique le batteur. Ils achètent alors du fard blanc bon marché pour clowns – et même de la crème à chaussures au début ! – et expérimentent dans un loft miteux sans chauffage. « Il faisait un froid de canard, on répétait en manteau, mais c’est là qu’on a créé nos looks différents. »

La gloire venue, ce maquillage devient un piège. « Une fois célèbres, on voulait qu’on nous reconnaisse, signer des autographes, entendre les fans hurler devant les hôtels. À New York, j’allais en boîte et disais au videur : ‘Je suis Peter Criss de KISS’. Il répondait : ‘Ouais, bien sûr’. J’en étais réduit à sortir mon permis de conduire pour prouver qui j’étais. C’était hilarant, le maquillage nous a un peu mordus à la jambe », confie-t-il.

Récemment, la cérémonie des Kennedy Center Honors en décembre a réuni les membres originaux de KISS pour la première fois depuis longtemps. Mais l’événement a été assombri par la mort d’Ace Frehley, survenue le 16 octobre, seulement quelques semaines plus tôt. « Ça a été dur pour moi, Ace n’était pas là. Il était super excité à l’idée d’y aller. Il m’avait dit : ‘Pete, j’ai vraiment hâte’. Sans lui à mes côtés, c’était insupportable. J’ai beaucoup pleuré ce jour-là, je me suis effondré. Je l’ai tant regretté… Recevoir le prix était génial, mais mon cœur saignait », avoue Criss, ému.

Aujourd’hui, Peter Criss renaît de ses cendres. Il vient de sortir un nouvel album solo et se sent plus motivé que jamais. Sobre depuis 42 ans pour les drogues et 30 ans pour l’alcool, il assure : « Je suis trop vieux pour ces conneries ! Ce que vous voyez maintenant, c’est le vrai Peter Criss. Et sachez-le : je ne suis pas accro aux drogues, mais aux batteries, oui ! »

Cet entretien fleuve avec Criss est à lire en intégralité dans le numéro 54 de Rock Candy, aux côtés d’autres pépites : un dossier sur Megadeth, Paul Gilbert, Alex Skolnick de Testament, Francis Rossi de Status Quo, Phil Collen de Def Leppard évoquant son ancien groupe Girl, une réévaluation de l’album Pump d’Aerosmith, Ian Anderson sur le classique Aqualung de Jethro Tull, Jason McMaster de Dangerous Toys… et bien plus.

Rock Candy est un bimestriel de 100 pages en full couleur, né au Royaume-Uni. Il plonge au cœur de l’âge d’or du hard rock des années 70, 80 et début 90, avec tout ce que cela implique de sons, d’images et d’ambiances. Conçu par les journalistes rock britanniques respectés Derek Oliver, Howard Johnson et Malcolm Dome – anciens piliers du légendaire Kerrang! –, ce magazine est une mine d’or pour les passionnés.

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