« Les petites imperfections… font toute l’unicité de l’ensemble » : Adam Gontier rassure les « artistes authentiques », qui n’ont pas à redouter l’IA

L’intelligence artificielle au cœur des débats musicaux : Adam Gontier rassure les créateurs authentiques

Dans un paysage musical où l’intelligence artificielle divise profondément les avis, Adam Gontier, leader de Three Days Grace, tempère les craintes. Selon lui, les artistes authentiques n’ont guère de motifs d’inquiétude face à cette avancée technologique. Il plaide pour une approche fondamentalement humaine de l’art, en opposition à une vague numérique qui fascine autant qu’elle effraie les amateurs de rock et de metal.

Adam Gontier : “Les imperfections confèrent à l’art sa véritable essence”

Lors d’un entretien avec Lyndsey Marie sur 93X Radio, Adam Gontier a d’abord abordé l’évolution du rock, notant la multiplication des styles et des initiatives actuelles. Il relève que cette nouvelle génération semble souvent privilégier la copie de recettes connues plutôt que l’émergence d’une identité propre.

Quand le sujet dérive vers la montée en puissance d’artistes boostés par l’IA et leur intrusion dans les hit-parades, Gontier reconnaît que cela peut sembler porter atteinte à la création originale. Il explique : “Effectivement, c’est une réalité. Mais si vous êtes un artiste authentique, il n’y a pas de réelle cause d’alarme. Les petites failles qui émergent lors de la composition musicale ou des performances live sont précisément ce qui rend l’ensemble unique et authentique, transformant le travail en une œuvre d’art véritable. Si tout est impeccablement parfait, des paroles aux mélodies, cela manque de réalité. Le public finira par le percevoir. Inutile de trop s’angoisser.”

Pour le vocaliste, l’émotion brute et l’aspect imprévisible sont indissociables de l’expérience musicale. Cette perspective prolonge ses déclarations récentes sur la santé florissante du rock, qu’il voit loin d’être en déclin.

Une méfiance croissante au sein du rock et du metal

La réserve exprimée par Gontier fait écho à celle de nombreuses personnalités du rock et du metal. Zakk Wylde insiste sur le fait que l’IA “ne saura jamais égaler les productions nées de l’esprit” des musiciens, soulignant que tout album porte inévitablement une empreinte personnelle et intime de ses auteurs.

De son côté, Cristina Scabbia critique les compositions issues d’algorithmes, qu’elle qualifie de “produits dépourvus d’âme”. Gene Simmons, lui, milite pour une régulation mondiale rigoureuse afin de prévenir les excès de ces outils technologiques.

Ces préoccupations vont au-delà de l’aspect purement artistique. Brendan Murphy a réagi publiquement à la sortie de chansons créées par IA en imitant le son de Counterparts. Lucas Woodland, de Holding Absence, a fustigé la compétition déloyale avec des projets “soutenues par l’IA” qui surpassent son groupe en écoutes mensuelles sur Spotify, voyant là un “avertissement majeur”.

Sans oublier les abus sur le plan visuel : Chris Daughtry a récemment protesté contre la prolifération de faux articles et d’images fabriquées par IA le liant à des opinions qu’il n’a jamais tenues, les décrivant comme “irresponsables et périlleuses”.

Entre hype spéculative et transformations profondes

Le controversy s’étend bien au-delà des simples désaccords sur le style. De nombreux analystes jugent la menace tangible, mais souvent exagérée. L’argument principal tient à la difficulté pour une entité purement IA de s’intégrer durablement dans l’univers rock traditionnel : circuits de concerts, échanges avec les médias, contacts directs avec les fans et modèle économique des spectacles en direct.

Dans ce cadre, l’IA pourrait principalement s’affirmer dans des applications secondaires : bandes-son pour publicités, ambiances sonores ou contenus pour les réseaux sociaux. On envisage aussi son rôle d’aide complémentaire, comme pour vaincre les blocages créatifs ou fluidifier certaines phases de réalisation. Ces intégrations plus contrôlées apparaissent comme des options raisonnables.

Cependant, la problématique clé reste celle de la propriété intellectuelle et de l’alimentation des algorithmes à partir de répertoires existants. Nombre d’artistes demandent plus de clarté, et même un mécanisme de retrait pour interdire l’exploitation de leurs créations comme base d’entraînement pour ces systèmes.

Three Days Grace entamera fin février sa tournée mondiale Alienation à Fort Wayne, avant de traverser le Canada et l’Europe, pour conclure en novembre à Los Angeles.