« Évidemment, sans action, rien n’avance » : Randy Blythe de Lamb of God dénonce l’indifférence politique

Randy Blythe défend avec passion l’engagement politique des artistes

Randy Blythe, le chanteur emblématique de Lamb Of God, n’a jamais fait preuve d’une neutralité feinte. Dans une récente entrevue, il réitère avec conviction une idée qu’il tient pour acquise : les musiciens ne se contentent pas de divertir ; ils ont le devoir éthique de prendre position sur les questions politiques et sociétales. À ceux qui préconisent que les artistes se limitent à leur rôle de spectacle, le leader américain réplique sans détour, dans la lignée de sa communication directe et sans filtre.

« Je ne suis pas un animal de cirque pour votre amusement »

Le sujet refait surface dans les discussions sociétales : les artistes devraient-ils s’abstenir de toute intervention politique ? Questionné par le magazine Kerrang!, Blythe va droit au but avec une réplique cinglante : « À ces personnes, je dis : allez vous faire voir. Je suis un Américain, un voyageur aguerri qui a sillonné la planète. Avant tout, je suis un humain. Je ne suis pas un singe savant placé là pour vous amuser. »

Pour lui, cette affaire transcende le monde de la musique. Garder le silence devant des injustices flagrantes équivaudrait, à ses yeux, à abdiquer une responsabilité essentielle de l’individu. Il synthétise son point de vue en ces termes : « Si vous possédez ne serait-ce qu’une once de morale, refréner votre liberté d’expression relève de l’irresponsabilité. »

Combattre la passivité ambiante par l’action

Au-delà du droit à la parole, Blythe exprime surtout son inquiétude face à une résignation politique qu’il perçoit chez beaucoup d’individus. Cette inertie, selon lui, menace gravement les fondements d’une société démocratique.

Il avoue : « J’observe souvent cette mentalité fataliste chez les gens, et cela me mine le moral. ‘Ça ne change rien…’ Bien sûr que ça ne change rien si vous ne bougez pas un doigt. » Pour le chanteur, l’implication débute par des actes élémentaires, tels que l’exercice des droits civiques. Il martèle : « Dans une démocratie saine, les citoyens peuvent voter et n’ont pas le luxe de sombrer dans l’apathie. Ne restez pas vautrés à critiquer quand le monde s’effondre. »

Un dixième opus et une agenda chargé pour Lamb Of God

Ces déclarations surviennent alors que le groupe prépare un jalon important : la parution de son dixième album studio, intitulé Into Oblivion, prévue pour le 13 mars chez Epic Records. Réalisé et masterisé par Josh Wilbur, fidèle collaborateur, cet opus a été capturé dans des endroits symboliques pour la formation. La batterie a été posée à Richmond, en Virginie ; les guitares et la basse dans l’atelier privé du guitariste Mark Morton ; et les vocaux de Randy Blythe ont été immortalisés au studio Total Access de Redondo Beach, en Californie.

Fidèle à l’essence de Lamb Of God, le disque déploie des rythmiques puissantes, des riffs tranchants et une énergie soutenue, tout en explorant via ses paroles les défis actuels comme les crises sociales, écologiques et numériques.

Le printemps verra une tournée en Amérique du Nord aux côtés de Kublai Khan TX, Fit For An Autopsy et Sanguisugabogg, suivie d’un retour en Europe à l’été pour une salve de festivals, incluant une apparition à l’Alcatraz Festival de Courtrai, en Belgique.

Into Oblivion paraîtra le 13 mars chez Epic Records.