Amber Glenn, patineuse olympique, clarifie la controverse autour de la musique

Amber Glenn clarifie une controverse musicale aux JO d’hiver 2026

Amber Glenn, patineuse artistique américaine, n’avait sans doute pas imaginé devoir aborder des questions de droits d’auteur en pleine compétition olympique. Pourtant, cette semaine l’a contrainte à le faire. Le 10 février, la sportive a annoncé avoir résolu un différend avec l’artiste canadien Seb McKinnon, qui avait publiquement remis en question l’autorisation d’utilisation de l’un de ses morceaux dans son programme libre aux Jeux olympiques d’hiver.

Le morceau en question, intitulé « The Return » et interprété sous le nom de CLANN, est une composition cinématique et intense que Glenn utilise depuis environ deux saisons. Aucune objection n’avait été formulée auparavant. Mais lors de l’épreuve par équipes, où la patineuse a contribué à la médaille d’or américaine, McKinnon a posté sur les réseaux sociaux pour s’interroger sur la validité de l’autorisation. Le message a rapidement attiré l’attention, amplifié par la visibilité des JO.

Heureusement, l’affaire n’a pas dégénéré. Quelques heures plus tard, McKinnon a félicité Glenn pour sa performance et la victoire collective des États-Unis. De son côté, la patineuse a publié un communiqué expliquant que le processus de licensing musical peut être complexe. « Les droits sur la musique sont souvent source de confusion, et il semble y avoir eu un petit accroc dans la procédure », a-t-elle déclaré. « Je suis ravie que nous ayons pu clarifier la situation, et j’envisage même une collaboration future avec Seb. »

Ce « petit accroc » illustre parfaitement la minutie requise dans le patinage artistique moderne. Les athlètes ne choisissent pas leurs musiques au hasard : les programmes sont chorégraphiés des mois, voire des années à l’avance, en tenant compte des sauts, des rotations et des crescendos émotionnels. Une pièce musicale devient une extension de l’identité compétitive du patineur. Chez Glenn, « The Return » n’était pas une nouveauté, ce qui rend d’autant plus mystérieuse l’origine du malentendu – probablement une faille administrative dans la chaîne de validation via les fédérations et instances dirigeantes.

L’évolution de la musique dans le patinage : un défi croissant

Cette mésaventure rappelle comment le patinage artistique a transformé sa relation avec la musique. Autrefois dominé par des compositions classiques ou des arrangements instrumentaux tombant souvent dans le domaine public, le sport s’ouvre aujourd’hui à des titres contemporains, indés, bandes-son de films et genres croisés. Cela rafraîchit les performances, les reliant à la culture pop et reflétant la personnalité des athlètes. Mais cela complique aussi la logistique.

Un seul morceau peut impliquer de multiples ayants droit : auteurs, interprètes, éditeurs, labels. Les droits de diffusion varient selon les plateformes – diffusion TV, streaming, réseaux sociaux – et les compétitions internationales comme les JO ajoutent une couche de complexité avec leur portée mondiale. Les extraits des routines circulent librement en ligne, rendant tout oubli potentiellement viral.

Glenn n’est pas un cas isolé. La semaine dernière, le patineur espagnol Tomàs-Llorenç Guarino Sabaté a connu une situation similaire avec un extrait de la franchise « Minions » dans son programme court. Initialement non autorisé pour les JO, le morceau a finalement reçu l’aval d’Universal Studios après intervention des fans et des organisateurs. Ces incidents ne sont pas des scandales, mais des obstacles procéduraux qui pèsent lourd sur les athlètes : changer de musique en cours de saison reviendrait à reconstruire toute une architecture chorégraphique, avec ses sauts placés précisément et ses spins synchronisés aux accents musicaux.

Dans le cas de Glenn, la routine est restée intacte, et l’issue positive a évité tout stress supplémentaire. Pas de menace juridique, juste une confusion publique suivie d’une clarification rapide. À l’ère des réseaux sociaux, ces échanges se déroulent en direct : questions posées ouvertement, félicitations partagées, résolutions affichées. Ce qui aurait pu se régler en coulisses il y a des décennies devient un arc narratif transparent et instantané.

Vers un avenir collaboratif pour le sport et la musique

L’épisode met en lumière un enjeu plus large pour le patinage artistique. En s’aventurant dans un paysage musical fragmenté, le sport gagne en créativité mais exige une vigilance accrue. Les officiels reconnaissent depuis longtemps que les droits peuvent être morcelés par territoires et holders, compliquant les clearances pour des événements globaux comme les JO.

Pourtant, sur la glace, tout cela reste invisible. Les spectateurs admirent une fusion parfaite d’athlétisme et d’art, une narration condensée en quelques minutes. Les contrats, e-mails et approbations qui sous-tendent ces moments magiques passent inaperçus – jusqu’à ce qu’un « hic » les expose brièvement.

Amber Glenn poursuit sa compétition avec son programme inchangé, Seb McKinnon exprime sa bonne volonté, et le patinage continue d’explorer les intersections entre sport et industrie musicale contemporaine. Cette histoire n’est pas celle d’un conflit, mais d’une complexité croissante : un choix de chanson qui résonne bien au-delà de la patinoire, et une résolution démontrant que le dialogue suffit souvent à apaiser les tensions, même au cœur des Jeux olympiques.

La musique reprend, la lame trace sa voie sur la glace fraîche, et en arrière-plan, l’administratif rattrape son retard.