BlackRain – Orphans Of The Light
Après deux décennies de musique, la densité de cheveux du groupe reste impressionnante. En 2026, BlackRain marque son retour avec un septième opus intitulé Orphans Of The Light. Suite à l’album rétro Hot Rock Time Machine (2024), qui revisitait avec malice ses classiques d’antan, ce quatuor français lance un projet audacieux. Dans un univers qui s’assombrit, cet album pourrait bien être le remède idéal pour respirer et renouer avec l’esprit glam des origines.
L’essor du rock de stade
Dès les premières notes imprégnées d’écho, l’ambiance est posée. Orphans Of The Light se profile comme un opus rassembleur. L’ouverture de « Dreams » installe une montée en puissance via des chœurs stridents au style glissant, évoquant instantanément les années 80. Des guitares saturées et mélodieuses, une énergie contagieuse : la flamme créative brûle toujours.
Le premier solo de l’album cligne de l’œil sans détour à « Bohemian Rhapsody » par son ampleur orchestrale et théâtrale. En 2026, BlackRain vise les sommets. Pour anticiper la parution, le groupe a produit une série de neuf vidéos promotionnelles, diffusées mensuellement jusqu’à la date butoir. Une initiative généreuse, pilotée par le bassiste Mathieu De La Roche, visant à forger des images percutantes qui étendent l’univers de chaque titre.
Le clip du morceau-titre « Orphans Of The Light » capture au mieux l’essence de l’ensemble. Les musiciens y incarnent des pirates sur un navire, entonnant un refrain conçu pour les stades avec des « oh-oh-oh » entraînants. On visualise sans peine l’impact en concert. Le morceau gagne en puissance heavy grâce à la double pédale de Franky Costanza, injectant un break metal idéal pour cette nouvelle livraison.
Au fond, cet album cible les fans de l’époque où le hard rock conquerrait les arènes et où les guitares dominaient les ondes. En tribut à cette période, et surtout à Eddie Van Halen, le guitariste Jérém G livre un instrumental « Resurrection » qui rappelle inévitablement « Eruption ». Bien que le plus jeune du quatuor, il démontre sa maîtrise : justesse, sensibilité et un cœur glam pur.
Le glam renaît de ses cendres
Une évidence : BlackRain est un combo combatif. Les années défilent, le glam ralentit, mais ce groupe français n’a jamais lâché prise. Avec une touche de réminiscence, ils évoquent leurs débuts dans les clubs suédois via « Club Crazy Night », qui narre ces nuits intemporelles, isolées de la réalité.
Swan Hellion décrit une audience aux crinières volumineuses, l’arôme du fixatif, des types aux yeux soulignés et la bière qui fuse… une ère qui paraît oubliée. Pourtant, le morceau adopte un groove joyeux et festif. Pas de lamentation pour hier : on le fête, on le ressuscite et on le savoure.
BlackRain pousse à la célébration plutôt qu’au regret. Orphans Of The Light tend un lien vers les années 80, musical et visuel. Chaque élément est soigné, qu’on y adhère ou non.
« Disagree », avec sa ligne mélodique addictive, incarne cette volonté de défier les normes, de s’extraire du moule et d’affirmer son identité. Ainsi, en 2026, le glam porte aussi un message contestataire, presque activiste dans son acceptation de l’exubérance et de l’esthétique affirmée.
De même, oser une power ballade en 2026 requiert du courage. BlackRain réussit le pari haut la main avec « If This Is Love », qui distille une émotion rappelant les ballades iconiques de Whitesnake. Une mélodie accrocheuse et un solo poignant de Jérém G amplifient cette veine romantique.
Un virage audacieux
Au-delà du retour en arrière, le quatuor innove. Orphans Of The Light symbolise un tournant pour BlackRain : fini les réticences, place aux audaces, y compris un refrain en français. La surprise initiale de « Méandres de l’Instinct » s’estompe vite, au profit d’une mélodie fluide.
Cette ballade aux accents gothiques explore un imaginaire romantique obscur, flirtant avec des vibes d’Entretien avec un vampire, entre séduction et énigme. Comme une entité mythique, le refrain s’implante discrètement et on se retrouve à le chantonner sans tarder : un coup de maître.
Avec ses 14 pistes, l’album forme un véritable mastodonte. BlackRain y déploie une palette variée, mêlant tubes accrocheurs, grooves entraînants et passages plus massifs, tout imprégné d’émotion. Il s’achève sur un titre monumental, un hymne qui boucle la boucle avec « Farewell ». Ce jusqu’à-voir provisoire ferme le bal avec grandeur. On y décèle encore une influence Queen dans cette sortie en fanfare, élégante, festive et évadée.
Orphans Of The Light est l’album des amoureux des années 80, souvent déçus par la discrétion du genre en France. 2026 s’annonce comme un millésime favorable pour ce revival, avec BlackRain en fer de lance. C’est aussi l’opus où le groupe s’affranchit : claviers orchestrés, batterie plus massive, refrains francophones… Sans trahir son ADN, il offre une mouture rafraîchie, loyale à son son et son style visuel.
Informations
Label : Single Bel
Date de sortie : 27/02/2026
Site web : blackrain.fr
Notre sélection
Dreams
Club Crazy Night
Twist Of A Knife
