
Les Avis de l’Asile du Diable
Quaranta ans après la sortie du premier album de VICIOUS RUMORS, « Soldiers of the Night », Geoff Thorpe, guitariste fondateur, aborde toujours le genre avec la même ferveur et la même agressivité. Ce héros méconnu mais indéniable du Bay Area, une force constante pour le heavy metal au fil des décennies, présente avec « The Devil’s Asylum » un album qui rappelle sans équivoque l’incorruptibilité du groupe. Malgré les changements de line-up et de labels, VICIOUS RUMORS s’en tient à sa recette, modernisant son son quand nécessaire, mais sans jamais dévier de sa voie droite de riffs percutants, de mélodies et d’un son puissant.
Thorpe croit fermement au pouvoir fédérateur du métal. Malgré un potentiel de succès plus important en suivant le mouvement thrash, la pureté et la persistance du groupe restent ses atouts majeurs. Cinq ans après le puissant « Celebration Decay », le 14ème album de VICIOUS RUMORS n’introduit pas de ruptures radicales, ni de virages imprévisibles ou de poursuites de tendances. Il s’agit d’un heavy metal pur jus du Bay Area, intense, puissant et stylé. C’est tout simplement le style de Thorpe, ainsi que du batteur légendaire Larry Howe.
Créateurs d’un répertoire brillant qui n’a jamais reçu le crédit qu’il mérite, VICIOUS RUMORS sont un groupe expérimenté dont le désir d’évoluer avec son temps, du moins en termes de puissance, est évident. « The Devil’s Asylum » fait écho aux sommets de leurs carrières antérieurs, comme le magnifique album éponyme de 1990 et son successeur « Welcome to the Ball » de 1991, mais avec une production qui promette de faire bouillir le sang en 2025. Sans complexifier les choses, Geoff Thorpe écrit des morceaux qui allient aisément les deux époques. L’arrivée du nouveau chanteur Brian « Chalice » Betterton a manifestement insufflé une nouvelle énergie au groupe. Ses performances soulèvent les titres comme le single d’introduction « Bloodbath » et le « Butchers Block », rapide et torride, d’une manière que beaucoup de chanteurs précédents de VICIOUS RUMORS n’avaient pas réussi. Arguablement le meilleur frontman que Thorpe ait recruté depuis le légendaire Carl Albert, Betterton marque son identité sur ces chansons, apportant caractère et rugosité à chaque déclaration de guerre mélodique du métal. Les morceaux au rythme moyen, comme « Crack The Sky In Half » et « Abusement Park », conviennent parfaitement à son approche directe, mariant ses cris à la fois rugissants et déchaînés à certains des riffs les plus agressifs et des solos les plus explosifs de Thorpe. En outre, l’émotion brûlante de « Wrong Side Of Love » se délecte de son héritage des années 80, mais remplace l’éclat commercial léger par la puissance et la force brute du métal mélodique du 21e siècle.
« The Devil’s Asylum » ne sonne jamais démodé : de la mélancolie corrosive de « Boring Day In Hell » à l’album-titre barbare qui conclut l’album d’un coup puissant, VICIOUS RUMORS continuent de faire ce qu’ils ont toujours fait, avec une urgence et une énergie accrues. Défenseurs d’une version très américaine du power metal, plus dure et plus intelligente que son équivalent européen, Thorpe et ses camarades continuent à défendre notre genre dans sa forme la plus pure et la moins prétentieuse. « The Devil’s Asylum » est dur, puissant et classe comme la mort. Toujours actuel, toujours vicieux, toujours 100% authentique.