Maynard James Keenan affronte la société dans le dernier opus de Puscifer

Puscifer dévoile Normal Isn’t, un opus incisif explorant les fractures d’un monde en perdition

Le groupe Puscifer s’apprête à sortir Normal Isn’t, un album percutant et introspectif qui fusionne une rage contenue, un humour caustique et des racines gothiques profondes. Prévu pour le 6 février, ce cinquième effort musical plonge dans les dysfonctionnements d’une société en pleine tourmente, porté par des guitares acérées, des synthétiseurs inquiétants et une galerie de figures excentriques.

Un album qui frappe fort, entre tumulte et ironie mordante

Imaginé par Maynard James Keenan, Mat Mitchell et Carina Round, Normal Isn’t représente un virage décisif pour Puscifer, qui s’immerge davantage dans un univers gothique et post-punk. Dans une récente entrevue pour Kerrang!, Keenan dépeint un paysage sociétal chaotique, infesté d’« idiots obsédés par leurs convictions intouchables ». L’ambiance est posée dès le titre d’ouverture Thrust, dont le refrain glaçant proclame : « Tuer devient un combat quotidien ».

Le projet invite des collaborateurs prestigieux, tels que Danny Carey de Tool, le bassiste Tony Levin de King Crimson, et Ian Ross – le père d’Atticus Ross –, qui intervient vocalement sur Seven One. Le trio cite comme inspirations des piliers du genre, de Bauhaus à The Cure, en passant par Siouxsie and the Banshees ou Throbbing Gristle. Un choix artistique validé par Revolver, qui met en lumière le ton plus direct et audacieux de cet opus expérimental.

Un monde sonore en pleine évolution, enrichi d’une dimension visuelle

Enregistré entre l’Arizona, Los Angeles et les backstages de la tournée Sessanta, l’album opte pour une esthétique plus brute et immédiate. Des pistes comme Self Evident et Bad Wolf révèlent une réalisation minimaliste, issue d’un dialogue fluide au sein du groupe. Keenan, de plus en plus actif en production, a fourni des démos abouties qui ont servi de base. Mat Mitchell l’explique simplement : « Chez nous, l’ego n’a pas sa place ; tout le monde s’appuie sur les idées des autres pour avancer ».

Puscifer étend par ailleurs son esthétique au-delà de la musique avec la série de bandes dessinées Tales From The Pusciverse. Ces œuvres mettent en vedette Bellendia Black et Fanny Gray, des alter egos caricaturaux et moqueurs incarnant l’essence satirique du groupe. Ces personnages surgissent notamment dans le clip animé du single ImpetuoUs, dernier aperçu partagé avant la parution de l’album.

En complément, un concert capturé dans l’ancien siège de la Bourse de Los Angeles sera diffusé simultanément à la sortie du disque. Une série de dates en Amérique du Nord est d’ores et déjà programmée pour le printemps 2026, promettant une immersion totale dans cet univers dystopique et captivant.