Mumford & Sons – Prizefighter
Seulement sept mois après un remarquable Rushmere qui signalait leur grand retour, Mumford & Sons récidivent avec brio !
Quel meilleur emblème que ce Zippo ancien en laiton, avec sa flamme verticale, pour illustrer la pochette minimaliste de ce nouveau disque, et symboliser l’énergie débordante et l’inspiration inépuisable du groupe ? Marcus Mumford évoque d’ailleurs une véritable boîte de Pandore qui s’est déverrouillée pour la formation lors de la préparation de Rushmere, l’album marquant leur renaissance l’année dernière.
Puisque les deux œuvres puisent à la même source créative, il est souvent ardu de dissocier les quatorze morceaux de Prizefighter de ceux qui avaient séduit sur Rushmere il y a peu, particulièrement dans cette aisance apparente du trio Marcus Mumford-Ted Dwane-Ben Lovett à composer des mélodies accrocheuses au sein d’un folk-rock bien rodé.
Le groupe semble toutefois s’élargir un peu plus en faisant à nouveau appel à Aaron Dessner, qui délaisse temporairement The National pour prendre les manettes de la production, comme il l’avait déjà fait pour Taylor Swift ou Ben Howard, et en écho à son rôle dans les balbutiements du troisième opus de Mumford & Sons, Wilder Mind, sorti en 2015. Les compositions de Prizefighter ont ainsi été couchées sur papier en une dizaine de jours dans son studio de Long Pond, dans l’État de New York (avec six autres titres écartés du tracklisting final).
Cette expansivité, alliée à un goût prononcé pour les harmonies et une intensité parfois inattendue – qui évoque curieusement un U2 des années 1980 –, se manifeste par une série de collaborations qui s’intègrent harmonieusement à leur style.
Si seul Madison Cunningham avait fait une apparition sur Rushmere, quatre invités se joignent cette fois à la fête : Chris Stapleton ouvre le bal sur « Here » avec ses tonalités presque spirituelles en filigrane, suivi de Hozier sur « Rubber Band Man » et son banjo hypnotique, Gigi Perez sur « Icarus », et Gracie Adams pour « Badlands », dont la structure évoque plus le duo mythique Peter Gabriel-Kate Bush sur « Don’t Give Up » que les thèmes springsteeniens habituels. Prochain rendez-vous en septembre pour une troisième manche ?
Prizefighter est disponible. Voici la tracklist :
Here
Rubber Band Man
The Banjo Song
Run Together
Conversation With My Son (Gangsters & Angels)
Alleycat
Prizefighter
Begin Again
Icarus
Stay
Badlands
Shadow of a Man
I’ll Tell You Everything
Clover
