Gilby Clarke en concert à Londres

Gilby Clarke : Le guitariste légendaire de Guns N’ Roses illumine la scène londonienne

Londres, 19 février 2025 – L’O2 Academy Islington a vibré hier soir au rythme d’un concert mémorable où Gilby Clarke, ex-guitariste de Guns N’ Roses, a assuré la tête d’affiche. À 63 ans, ce rockeur infatigable a enflammé le public avec son énergie brute et ses riffs iconiques, soutenu par une rythmique solide : le batteur Troy Patrick Farrell (connu pour ses passages chez White Lion et Tantric) et le bassiste EJ Curse (de Silent Rage). Des vidéos amateurs filmées par les fans circulent déjà sur YouTube, capturant l’essence d’une soirée qui a rappelé les grandes heures du hard rock des années 90.

Ce n’était pas moins que le seul show de Clarke au Royaume-Uni cette année, une date très attendue par les amateurs de rock authentique. L’artiste, qui a remplacé Izzy Stradlin dans la formation mythique de Guns N’ Roses en 1991 lors de la tournée Use Your Illusion, a offert un setlist mêlant ses classiques solo et des clins d’œil à son passé tumultueux avec le groupe d’Axl Rose et Slash. « C’était magique, comme si le temps s’était arrêté », témoigne un fan sur les réseaux sociaux, soulignant l’accueil chaleureux réservé à ce « héros de la guitare ».

Une carrière forgée dans l’authenticité et les défis

Dans une interview accordée en novembre 2024 à 2LaneLife, Gilby Clarke s’est confié sur ce qui le rend le plus fier en tant que musicien. « C’est une question intéressante… Quand Guns N’ Roses a pris une pause interminable, j’avais seulement trois ans dans le groupe. Les autres pouvaient se reposer, mais moi, je devais continuer à bosser », explique-t-il. C’est ainsi qu’est née sa carrière solo, avec l’album Pawnshop Guitars en 1994, suivi de nombreuses tournées. L’un de ses moments forts ? Sa première virée en Amérique du Sud, où il a ouvert pour Aerosmith. « Après les stades de 80 000 personnes avec GN’R – une véritable Beatlemania, impossible de sortir de l’hôtel sans être assailli par des milliers de fans –, j’y suis retourné un an plus tard avec mon propre groupe. Et là, surprise : les gens étaient venus pour moi ! Des centaines d’enfants criaient ‘Gilby’ partout, pas un seul t-shirt Aerosmith en vue. C’était surréaliste, un de ces instants qui n’arrive qu’une fois dans une vie. »

Clarke souligne la longévité de sa popularité dans la région : « Trente ans après, mes concerts là-bas attirent encore des foules énormes. Les fans restent fidèles. » Interrogé sur sa capacité à perdurer dans un milieu impitoyable, il philosophe : « La vie, c’est des hauts et des bas. J’ai eu des années difficiles, mais ma femme tenait bien son affaire. Il faut tenir bon. Pour durer, il faut rester authentique. Les gens achètent l’hype ou la nouveauté, mais la longévité repose sur une base de fans solides. »

Après son départ de Guns N’ Roses en 1994, Clarke n’a pas chômé. Producteur, artiste solo, il a collaboré avec Slash’s Snakepit, Rock Star Supernova, Heart et bien d’autres. En 2012, lors de l’induction de GN’R au Rock and Roll Hall of Fame à Cleveland, il a rejoint sur scène Slash, Duff McKagan, Steven Adler et Matt Sorum pour interpréter trois titres d’Appetite for Destruction – « Mr. Brownstone », « Sweet Child O’ Mine » et « Paradise City » –, avec Myles Kennedy (de Slash et Alter Bridge) au chant. Pourtant, Clarke lui-même n’a pas été intronisé avec le groupe, un oubli qu’il a pris avec philosophie.

Le retour tant attendu… et les occasions manquées

En 2021, lors d’un entretien avec The SDR Show, Clarke a évoqué son absence de la reformation de Guns N’ Roses, qui réunit Axl Rose, Slash et Duff McKagan. « Ils m’ont demandé de faire une apparition guest, mais c’était le jour où j’étais à Chicago avec ma fille. Son groupe jouait à Lollapalooza, et j’étais son roadie ! Mauvais timing. J’ai dit que c’était une super idée, mais impossible ce jour-là. Et je n’ai plus eu de nouvelles. » Il révèle aussi l’urgence avec laquelle il a intégré GN’R trois décennies plus tôt : « On me l’a annoncé un lundi, et la semaine suivante, on volait pour Boston. J’avais sept jours pour apprendre tout le répertoire, sans YouTube ! J’étais scotché aux vinyles avec un casque. La dernière chanson, ‘Estranged’ – une ballade interminable centrée sur Slash –, m’a donné du fil à retordre. J’ai demandé à Dizzy Reed de m’aider, et il me tend le livre de partitions. ‘Il y a un livre ? J’ai passé une semaine à tout apprendre à l’oreille !’ J’aurais pu le faire en une heure. J’étais furieux de ne pas y avoir pensé plus tôt. »

Son dernier album solo, The Gospel Truth, sorti en avril 2021 chez Golden Robot Records, témoigne de sa vitalité créative. Mais la rockstar n’est pas à l’abri des aléas : en novembre 2023, il a subi une opération pour un syndrome du canal carpien, ce trouble lié aux mouvements répétitifs des mains et poignets, fréquent chez les musiciens.

Vers de nouveaux horizons

Avec ce concert londonien, Gilby Clarke prouve qu’il reste un pilier du rock, loin des paillettes éphémères. Comme l’annonçait l’O2 Academy Islington sur ses réseaux le 4 février : « Bientôt, le héros de la guitare Gilby Clarke arrive pour son unique show au UK le mercredi 18 février ! » Les vidéos des fans – disponibles en ligne – montrent un artiste passionné, entouré d’une foule conquise. À une époque où le rock semble parfois nostalgique, Clarke incarne la résilience et l’authenticité, prêt à conquérir de nouvelles scènes. Prochain arrêt : peut-être un retour en Amérique du Sud, où l’attendent toujours ces fans inconditionnels.