Regardez RUSH se produire en live avec la nouvelle batteuse Anika Nilles pour la première fois

Rush renaît sur scène : Geddy Lee et Alex Lifeson avec la nouvelle batteuse Anika Nilles aux Juno Awards

Hamilton, Ontario – 30 mars – Après plus d’une décennie d’absence sur les planches, les icônes du rock progressif canadien, Geddy Lee et Alex Lifeson de Rush, ont marqué les esprits en se produisant pour la première fois avec leur nouvelle batteuse de tournée, Anika Nilles, lors de la cérémonie des Juno Awards ce dimanche 29 mars à Hamilton, en Ontario. L’événement s’est ouvert sur une performance surprise du morceau emblématique « Finding My Way », titre d’ouverture du premier album du groupe, Rush, sorti en 1974. Aux claviers, Loren Gold, qui rejoindra également Rush pour la tournée à venir, complétait cette formation éphémère.

Cette apparition, filmée et diffusée en direct, a suscité une vague d’enthousiasme chez les fans du groupe, qui attendaient avec impatience tout signe de retour. Interrogé par la presse après le show, Geddy Lee a expliqué le choix de cette chanson : « On ne peut pas vraiment nous demander quel morceau jouer. Avec un catalogue aussi vaste, c’est presque impossible de trancher. On a donc consulté notre management, et ils ont suggéré le premier titre du premier album. » Alex Lifeson, fidèle à son humour pince-sans-rire, a ajouté : « Et puis, c’est le seul qu’on sait encore jouer ! »

Une tournée « Fifty Something » qui s’annonce épique

Ce one-shot aux Juno Awards n’est que le prélude à un retour en force. Les premiers concerts officiels sous l’égide de Rush depuis 11 ans débuteront en juin au Kia Forum de Los Angeles, là même où le groupe avait tirée sa révérence lors de la tournée anniversaire « R40 » en 2015. Baptisée « Fifty Something » – en clin d’œil à l’âge des musiciens –, cette tournée 2026 couvrira initialement le Canada, les États-Unis et le Mexique avec 58 dates dans 24 villes. Les 22 premières annonces se sont écoulées en un clin d’œil, forçant l’ajout de dates supplémentaires. Plus de 500 000 billets ont déjà trouvé preneurs, témoignant d’une ferveur intacte.

En février, Rush a élargi l’horizon en annonçant des passages en Amérique du Sud et en Europe pour début 2027. Ces dates marqueront le premier séjour du groupe en Europe depuis 2013 et en Amérique du Sud depuis 17 ans. Pour ces 24 spectacles dans 13 pays européens, sous format « soirée avec », Rush proposera deux sets par soir, avec des setlists uniques tirés d’un répertoire de plus de 40 chansons, mêlant hits intemporels et favoris des fans.

Des jams improvisés à un comeback inattendu

L’idée de cette tournée est née d’une session de jam anodine entre Lee et Lifeson. Comme l’a raconté Geddy à Darren Redick de Planet Rock UK le mois dernier : « Tout a commencé quand on a commencé à jammer. C’était intéressant, mais on s’est vite lassés. Alors, on s’est dit : ‘Et si on jouait un morceau de Rush ?’ Ça a tout changé. On s’est retrouvés à un carrefour : soit on y va à fond, soit on n’en parle plus jamais. À notre âge, si on doit le faire, c’est maintenant ou jamais. »

Côté formation, l’arrivée d’Anika Nilles – batteuse allemande reconnue pour son talent virtuose – s’est faite sur recommandation. Le technicien bass de Geddy, John McIntosh (surnommé Skully), qui avait travaillé avec Jeff Beck lors de ses dernières tournées, en a vanté les mérites après avoir partagé la scène avec elle. « Il est revenu de cette tournée en la couvrant d’éloges, à la fois pour son jeu et sa personnalité », a expliqué Lee. Après des visionnages de vidéos et une recherche approfondie d’Alex, un appel Zoom a suivi, puis une jam session discrète au Canada. « En cinq jours, on avait notre batteuse », résume Geddy.

Les défis d’un retour sous les projecteurs

Préparer une telle tournée n’est pas de tout repos. Alex Lifeson souligne l’ampleur des répétitions : « Autrefois, on répétait individuellement un mois, puis ensemble un mois, avant des sessions en conditions réelles. Cette fois, on s’y colle pendant un an entier pour être au top absolu dès le premier concert. » Pour Anika, le challenge est d’autant plus grand : « On est un peu rouillés sur certains morceaux, mais ils reviennent vite. Elle, elle part de zéro, en remplaçant un géant comme Neil Peart. Ses chaussures sont impossibles à remplir. Mais elle est d’une talentuosité exceptionnelle, technique et musicale, avec une éthique de travail irréprochable. Et les fans l’ont accueillie à bras ouverts. »

La réaction des supporters a dépassé toutes les attentes. « On visait initialement six ou sept villes en résidences intimistes », confie Geddy. « À l’annonce, c’était la folie ! On n’était pas préparés. Notre nouveau management a vu juste, et on a dû étendre : une jambe américaine qui cartonne, et maintenant l’Europe en 2027. » Il admet : « C’est énorme, on n’a pas fait une tournée pareille depuis des années. On va s’assurer que ce soit parfait à 100 %. »

Rush n’a pas sorti de nouvelle musique ni performé sous son nom depuis la mort tragique de Neil Peart en janvier 2020, emporté à 67 ans par un glioblastome après trois ans de combat. Le batteur légendaire avait laissé un vide immense, et plusieurs percussionnistes s’étaient manifestés pour le remplacer. Mais c’est Anika Nilles qui a su conquérir Lee et Lifeson, ouvrant un nouveau chapitre pour le groupe mythique.

La vidéo de la performance aux Juno Awards est disponible sur YouTube et circule déjà massivement. Les fans de Rush, impatients, comptent les jours jusqu’à juin. Un retour qui prouve que le rock progressif canadien n’a pas dit son dernier mot.