SEPULTURA interprète en live pour la première fois son nouveau titre « The Place »
Sepultura : Première mondiale de « The Place » en Australie, un adieu poignant à une légende du metal
Perth, Australie – 25 mars 2025 – Les métallurgistes brésilo-américains de Sepultura ont marqué les esprits ce vendredi 20 mars lors du concert d’ouverture de leur tournée australienne à la Metro City de Perth. Pour la première fois sur scène, le groupe a interprété « The Place », un titre inédit extrait de leur prochain EP The Cloud Of Unknowing, prévu pour le 24 avril chez Nuclear Blast Records. Une vidéo filmée par les fans capture cette performance explosive, témoignant de l’énergie intacte de la formation malgré son annonce de tournée d’adieu.
Selon Setlist.fm, le setlist de ce show inaugural était un savant mélange de classiques et de nouveautés :
- Beneath The Remains
- Inner Self
- Desperate Cry
- The Place (première live)
- Kairos
- Propaganda
- Attitude
- Means To An End
- Choke
- Phantom Self
- Kaiowas
- Guardians Of Earth
- Escape To The Void
- Dead Embryonic Cells
- Agony Of Defeat
- Orgasmatron (cover de Motörhead)
- Troops Of Doom
- Territory
- Refuse/Resist
- Arise
- Drum Solo
- Ratamahatta
- Roots Bloody Roots
Ce set de plus de deux heures a ravi un public fervent, prouvant que Sepultura, après 40 ans de carrière, reste une force brute du metal extrême.
« The Place » : Un hymne social chargé d’émotion
« The Place » est le joyau de l’EP The Cloud Of Unknowing, une sortie en quatre titres qui se veut un au revoir doux-amer. Décrit comme l’une des œuvres les plus diversifiées et émouvantes du groupe, cet EP capture l’essence de Sepultura : une férocité alliée à une profondeur introspective, reflet de leur héritage tumultueux. Le chanteur Derrick Green a partagé ses réflexions sur le morceau : « Cette chanson traite des immigrants qui arrivent dans un lieu pour y trouver refuge et recommencer une nouvelle vie. Une fois assimilés dans un faux sentiment de sécurité et bombardés de propagande incessante, ils se mettent à agir contre ce qu’ils détestent en eux-mêmes. La transition les pousse à fuir l’auto-détestation et à s’en prendre à ceux qui partagent les mêmes idées. Les paroles suivent fidèlement les évolutions du morceau, partant de la déception pour culminer dans la colère. »
Enregistré avec le nouveau batteur Greyson Nekrutman, âgé de seulement 23 ans et officiellement intégré en février 2024 après le départ surprise d’Eloy Casagrande, cet EP naquit d’une session improvisée. Le guitariste Andreas Kisser, pilier du groupe depuis ses débuts, raconte : « C’était très spontané. Après notre passage au 70000 Tons Of Metal en janvier, on est restés à Miami. On avait un studio sous la main et quelques idées. ‘Allons-y !’ [rires] Pas de pression des labels, pas de deadline… On l’a fait à notre rythme, sans rush. C’est parfait, surtout avec l’idée de tournée d’adieu. On peut se challenger artistiquement sans planifier à outrance. »
Une tournée d’adieu pour briser la routine
Sepultura entame son « Celebrating Life Through Death Tour » depuis le 1er mars 2024, avec un concert sold-out à l’Arena Hall de Belo Horizonte, au Brésil – premier show avec Nekrutman, ex-membre de Suicidal Tendencies. Le départ d’Eloy Casagrande, annoncé le 27 février, a surpris les comparses, qui ont appris plus tard qu’il rejoignait Slipknot. « On a été pris au dépourvu », avouaient-ils, soulignant que leur ex-batteur abandonnait tout pour un « autre projet » à quelques semaines du démarrage.
Après 40 ans de metal – un exploit rare dans l’industrie –, Kisser explique le choix de cette pause : « On n’a jamais été enfermés dans un style. Des albums comme Nation ou A-Lex l’ont prouvé. Mais la routine d’un groupe comme le nôtre, c’est épuisant. Imaginez faire le même job 40 ans ! C’est une histoire magnifique d’art et de vie, avec hauts et bas. Au lieu de prédire un autre album, une autre tournée, on préfère sortir de la zone de confort. Sepultura, ce n’est pas du thrash, du heavy ou du metal brésilien. C’est du Sepultura metal : libre, risqué. L’art, c’est le risque. On arrête au sommet, en paix, sans drames externes. C’est un privilège. »
Le clap de fin est envisagé pour octobre 2026 à São Paulo, sous forme de méga-festival « SEPUL-fest ». Kisser rêve d’une grande fête avec des invités d’honneur : « On invitera tous les anciens membres, y compris les frères Cavalera [Max et Igor], Jairo Guedz, Eloy, Jean Patton et Roy Mayorga. Oublions le passé, les querelles. C’est pour les fans, nos familles qui ne nous ont jamais vus réunis. Si vous voulez participer à la party, bienvenue ; sinon, pas de souci. »
Un album live monumental en préparation
Pour immortaliser cette tournée, Sepultura enregistre 40 chansons dans 40 villes différentes, formant une « compilation massive de nos meilleurs moments sur scène », comme annoncé en décembre 2023. L’étape nord-américaine, du 29 avril au 29 mai, s’annonce explosive avec Exodus, Biohazard et Tribal Gaze en invités. Elle touchera Montclair, Montréal, Detroit, Chicago, Denver, Los Angeles, et inclura des festivals comme Welcome To Rockville et Sonic Temple.
Tandis que l’Australie vibre encore des échos de Perth – et que Melbourne attend son tour la semaine prochaine –, Sepultura prouve une fois de plus qu’ils ne se contentent pas de survivre : ils réinventent leur légende jusqu’au bout. Un adieu qui, loin d’être triste, pulse d’une vitalité rageuse.
