Scott Ian d’Anthrax éclaire le secret des setlists : « C’est toujours surprenant de voir quelles chansons le public connaît vraiment… »
Anthrax : L’art subtil de composer une setlist live
Pour Anthrax, élaborer une setlist dépasse largement la simple énumération de chansons. Chaque performance repose sur un dosage délicat entre les incontournables réclamés par les fans, les inspirations du moment et les souvenirs des tournées antérieures. Scott Ian, le guitariste emblématique, aborde cette tâche comme un véritable métier d’art : il s’agit d’observer, d’ajuster et de déstabiliser agréablement l’audience. À l’approche de la promotion d’un nouvel album et d’une nouvelle série de dates mondiales, Ian décrypte la méthode – souvent capricieuse – qui anime les choix d’Anthrax pour enflammer les soirées live.
Puiser dans l’histoire pour façonner le show
Dans un entretien récent donné à Jaimunji, Scott Ian révèle que le processus débute invariablement par un retour aux archives. Avant de se produire dans une ville, le groupe passe en revue les setlists des visites précédentes, dans le but d’éviter une redite totale du spectacle.
Le musicien détaille : « Nous consultons systématiquement les dernières prestations sur place et les morceaux joués à l’époque. Il y a toujours une bonne dizaine de titres qui s’imposent d’office. » Cependant, si Anthrax revient dans la même localité après un intervalle court, comme 18 mois ou deux ans, l’approche change. Ian ajoute : « Dans ce cas, je m’efforce de renouveler au moins la moitié de la liste pour garder la fraîcheur. »
Malgré cette préparation méticuleuse, l’élément imprévu reste roi, influencé par les réactions du public. Le guitariste admet : « C’est fascinant de constater quelles pistes les gens maîtrisent… et celles qui les laissent perplexes, même issues de nos disques. »
Des classiques aux twists inattendus
Sur scène, Anthrax excelle à varier son arsenal. Récemment, lors d’une tournée, le quintet a ainsi oscillé entre Deathrider et Metal Thrashing Mad, deux piliers de ses débuts, pour injecter de la dynamique. De même, certains shows ont démarré sur A.I.R., extrait de Spreading the Disease, une option qui a parfois pris de court une partie de l’assistance.
Pour Ian, les modes de consommation musicale d’aujourd’hui expliquent ces disparités. Les services de streaming privilégient une poignée de hits, reléguant le reste du répertoire dans l’ombre. Il ironise : « Dans une salle comble, la majorité chantera les vingt tubes habituels, mais peu identifieront le titre perdu au classement, genre le 73e. »
Un line-up en pleine effervescence
Ces échanges se déroulent tandis que Scott Ian suit une kinésithérapie suite à une lésion dorsale survenue pendant un gig en croisière. Malgré les séquelles, il a tenu bon pour une tournée au Canada, même si sa forme physique n’était pas optimale.
De son côté, Anthrax peaufine son prochain opus studio. Prévu pour mai en Amérique du Nord via Megaforce et en Europe sous Nuclear Blast, l’album a été capté et masterisé en partie au Studio 606 de Dave Grohl, sous la houlette de Jay Ruston, qui avait déjà signé For All Kings et Worship Music.
Prochainement, la tournée européenne inclura des étapes phares pour les amateurs francophones : le Graspop Metal Meeting à Dessel (Belgique) le 18 juin, le Hellfest à Clisson (France) le 20 juin, un passage à l’Atelier de Luxembourg le 21 juin, suivis de shows en France – à Lyon le 28 juin, Ramonville-Saint-Agne le 30 juin et Bordeaux le 1er juillet.
Ce nouveau chapitre discographique prolongera l’élan de For All Kings, sorti en 2016.
