Singing River – ‘Shoutin’ Good Time’ EP

Le groupe new-yorkais Singing River captive avec un mélange envoûtant de folk, blues, ragtime et roots rock sur son nouveau EP, Shoutin’ Good Time. Passé d’un duo à un sextet après l’album complet de 2024, les cofondateurs Mike James et Anthony Kuhn plongent dans un EP qui respire la communauté et la vitalité. C’est la représentation d’un groupe qui embrasse la tradition de la chanson américaine comme une lignée vivante et évolutive, exigeant des artistes qu’ils synthétisent authentiquement leurs influences en une voix unique, plutôt que de simplement imiter le passé.

« Lost by the River » lance l’album sur une note joyeuse, avec des pulsations de guitares espiègles et un harmonica envoûtant qui se fondent dans une aura intemporelle. « We got the highway blues », proclame une livraison vocale confiante tandis que des tons de guitare twangy et country émergent. Un caractère triomphant et persévérant arrive ensuite lors de la séquence faisant référence au titre, s’exclamant « we’re lost by the river » alors que l’évasion de la petite ville s’entremêle à un tableau réconfortant de guitares folâtres, cuivres superposés et rythmes solides. Un travail captivant à la guitare traverse agréablement la dernière minute, pour aboutir à une conclusion pulsante et satisfaisante.

Le titre de l’EP arrive ensuite avec une infectiousité joyeuse et roulante. Un élan initial sautillant et des vocaux introspectifs s’élargissent en un arsenal expressif de guitares twangy. « I wasn’t much for education », émet une disposition vocale relatable, associant des pensées de restauration et d’amélioration à la tentation carpe diem d’embrasser simplement les bons moments au milieu des ravages. Des nuances de Harry Nilsson se révèlent agréablement dans les aspirations lyriques festives et l’interaction contagieuse entre cuivres et guitares.

Un autre morceau phare, « I Thought I Heard Bob Dylan Say », défile avec un charme ragtime rétro tandis que tuba et trombone déferlent librement et bruyamment, se combinant à des twangs de guitare mémorables et des vocaux ardents, atteignant par moments une vigueur rauque au charme tomwaitsien. Sa puissance lyrique remue aussi, invoquant les voix spectrales de Dylan, Fogerty et Laine pour confronter la pourriture morale et l’aspiration spirituelle, avec la supplique « let the good souls out » particulièrement résonnante.

Le final de l’EP, « King of the Minor Leagues », galvanise également, défilant sur des thèmes de succès fugace mais excitant dans une ardeur rock vive ; ses paroles conscientes cadrent le triomphe juvénile comme une victoire en soi, utilisant le baseball comme métaphore des quasi-réussites romantiques. Une démonstration émouvante de roots rock par Singing River, Shoutin’ Good Time est un EP foisonnant de chanson de qualité.