Slept All Day – ‘Yutori’
Duo basé à Austin, au Texas, Slept All Day crée un son percutant tout au long de leur deuxième album, Yutori, une sortie conceptuelle qui embrasse le concept de son nom japonais. « Yutori » signifie « espace » ou « marge de manœuvre pour respirer » — et à ce titre, l’album aborde conceptuellement l’importance de vivre dans l’instant présent. Chacune des sept chansons représente un souvenir chéri et vécu sur le moment, dans un éventail de paysages sonores mélodiquement mémorables — des vibrants rock dreamy de « Seagulls in the Waves » aux stunners sereinement évolutifs comme « Ice Cream Dreams ».
L’ouverture de l’album, « Seagulls in the Waves », associe un charme mélodique caressant et une introspection lyrique poétique. Une ambiance océanique, avec des vagues déferlant sur la rive au milieu des cris de mouettes, évolue vers une chaleur de guitare jangly et une présence vocale luxuriante, toniquement rappelant Damon Albarn. L’imagerie aquatique de la piste sert de métaphore efficace pour naviguer les exigences constantes du monde ; les références aux « mouettes dans les vagues » et au « sillage qui t’a fait chuter » transmettent le tiraillement entre le bruit extérieur et la paix intérieure. « J’ai navigué sur mes décisions, elles n’étaient pas toujours bonnes », les voix s’animent lors d’une explosion de vitalité guitaristique accrue ; à la fois cette section expansive et les couplets plus dreamy captivent pleinement.
Une touche de familiarité surgit ensuite avec la reprise classique de « Pure Imagination », tirée du film de 1971 Willy Wonka & the Chocolate Factory. Bien entendu, l’interprétation du groupe est frappante de différence — et magnifiquement si. Des guitares cliquetantes et sporadiques, ainsi qu’une basse réconfortante, s’édifient avec une intrigue anticipatoire, puis cèdent la place à des moments de ferveur guitaristique fluide et d’enchantement sereinement superposé. Son invitation à « voir le monde défiler » joue comme un prompt méditatif pour la présence, tandis que le choix de cette piste familière résonne avec le concept de mémoire.
Les souvenirs situés à la plage reviennent avec « Summer Tide », dont les descriptions immédiates de la sensation de « la brise » gonflent d’une qualité hypnotique et ascendante à un bref dreamy spacieux et un hook béatifique « lose your mind in the summertime ». Une nuit d’été magique s’établit comme un souvenir, où la conversation et la connexion aident à guider l’esprit entièrement vers le présent, du moins jusqu’au lever du jour. La piste suivante, « If we stop in the forest, do we become the trees ? », s’aventure vers une atmosphère scintillante, avec des oiseaux gazouillant et des ciels illuminés. Un pouls-like throbbing s’intensifie climactiquement en parallèle, se mêlant de manière cohérente aux tons de guitare twangy et aux effets miroitants ; c’est une piste médiane charmante sur l’album, rappelant Oneohtrix Point Never par son éclat dynamique et cinématique.
L’album continue à s’immerger pleinement et avec succès dans des mélodies mémorables et ses ambitions conceptuelles lors de la seconde moitié. « Swim Club » capture l’état d’esprit balnéaire et ensoleillé au bord d’une piscine, clair dans ses réminiscences nostalgiques d’une « baignade en milieu de journée », où le « solstice d’été » agit comme un portail pour faire resurgir des souvenirs chéris, aboutissant souvent à la réalisation que les meilleurs souvenirs ont été vécus dans le présent.
Commencant par un échantillon vocal japonais luxuriant et des acoustiques tendres, « Ice Cream Dreams » joue ensuite comme une perspective hantant d’intimité au sein du concept d’espace, alors qu’on se retire du monde extérieur vers l’expanse infinie et berceuse de « nuits au lit » avec des sentiments énamourés et aimants à l’esprit. La finale de l’album, « Painting the walls in the room of your mind », prolonge ce charme nocturne et berceur, flottant de manière fluide au milieu de légers vocaux sans mots et de touches de claviers scintillants, évoquant un esprit agité enfin au repos. Réussissant pleinement son interprétation conceptuelle de vivre dans l’instant, ainsi que sa forme fortement mélodique, Yutori est un brillant succès pour Slept All Day.
