Wolf Alice – The Clearing

Wolf Alice, groupe indie londonien, dévoile « The Clearing », un quatrième album empreint d’une maturité artistique nouvelle. L’intimité londonienne et le soleil californien se conjuguent dans un disque plus organique et baroque, qui s’éloigne toutefois légèrement du rock pur.

Dès le premier single « Bloom Baby Bloom », le virage esthétique est clair : une pop aux accents 70’s, des guitares sèches et des influences baroques se font entendre. « Thorns », premier titre, illustre ce nouveau son : un piano mélancolique et des cordes frottées accompagnent une voix, celle d’Ellie Rowsell, qui se déploie progressivement. Le rythme lent et profond donne une introduction prenante, contrastant avec des morceaux plus dynamiques comme le contagieux « Bloom Baby Bloom » ou l’amitié célébrée dans « Just Two Girls ». « Leaning Against The Wall », plus expérimental, rappelle « Don’t Delete The Kisses » par sa narration onirique et ses finitions inattendues.

Les membres du groupe exposent leurs talents à travers des riffs élaborés, des rythmiques originales et des lignes de basse charnues, tout en mettant en lumière l’évolution de la voix d’Ellie Rowsell, plus présente sur l’enregistrement. Les arrangements de cordes, notamment d’alto, ajoutent une touche baroque marquée, rappelant Fleetwood Mac et les Carpenters. La production soignée de Greg Kurstin participe à ce raffinement pop.

« The Clearing » est un album sur l’acceptation et l’introspection. Ellie Rowsell explore son registre vocal avec une aisance nouvelle, mêlant douceur et intensité. Des moments forts comme « White Horses » et le morceau central « Bread Butter Tea Sugar », explorant une relation toxique avec des nuances de plaisir et de douleur, témoignent de la profondeur du propos. « Play It Out » est une ballade touchante sur la condition féminine, tandis que des pistes plus apaisées comme « Safe In The World » et « Midnight Song » cloisonnent l’album. La maîtrise instrumentale évolue sur ce nouvel album, et le talent de flûtiste d’Ellie Rowsell est mis en avant sur « The Sofa ».

Un album dense et raffiné, « The Clearing » marque un nouveau chapitre pour Wolf Alice. Si l’absence de titres plus rock et plus agressifs peut être déplorée, cette nouvelle direction, plus éthérée et mature, séduit par sa finesse et son exploration de la pop baroque.