Poppy – Empty Hands
Avec Empty Hands, Poppy continue d’effacer les limites entre les genres musicaux de manière implacable. Sur le papier, cet opus pourrait passer pour une prolongation différée de Negative Spaces, paru en 2024. En pratique, c’est une évolution radicale : un enregistrement plus agressif, plus compact, et surtout plus unifié dans son esthétique globale. Une création qui résiste à une écoute unique – ou même à plusieurs dizaines.
Un tumulte maîtrisé, une unité revendiquée
Dès « Public Domain », l’auditeur plonge dans un monde glacial, quasi médical. Des pulsations industrielles et une voix synthétique marquent le démarrage. Cet album s’affirme avec force, prêt à mordre.
Sous cette apparence rugueuse, le tandem composé de Jordan Fish (à la production) et Stephen Harrison (en co-écriture) apporte une minutie exemplaire. Les sonorités évoquent Spiritbox, les climax rappellent Knocked Loose – un héritage évident depuis leur duo sur « Suffocate ». Pourtant, rien n’efface l’essence propre à Poppy. Elle n’imite pas ; elle intègre et réinvente.
Les extraits ont posé les bases : « Bruised Sky » et ses accords metalcore intenses, ses harmonies poignantes comme un firmament orageux zébré d’éclairs ; « Guardian », un chant alternatif oscillant entre puissance et fragilité. « Dying To Forget » et le titre phare « Empty Hands » figurent parmi les pics les plus intenses et impactants de sa discographie : un flot d’émotions débridé, une pression contenue, une libération viscérale.
Les highlights : des pics surprenants
Parmi les pistes les plus mémorables, quelques-unes captivent instantanément : « If We’re Following The Light », probablement le zénith de l’album. Une ascension progressive vers la clarté, fusionnant metalcore et pop aérienne. Magnifique, même si les hurlements vocaux peuvent parfois submerger l’audition ; « Time Will Tell », un ouragan d’électro-pop-metal hyper rythmé et enlevé. Un candidat idéal pour un prochain single, ou un incontournable sur scène.
Chaque chanson suit une même structure : accumulation, décompression, déflagration. Une narration sonore qui confère à l’ensemble une richesse imprévue.
Un opus versatile, sans jamais dérailler
Le atout majeur d’Empty Hands tient à son unité affective. Poppy oscille entre rumination triste et assaut direct. Les motifs récurrents – maîtrise, effondrement, mise à nu, régénération – tissent un récit limpide.
La réalisation de Jordan Fish intensifie le tout : des grattes massives, des percussions mécaniques, des dysfonctionnements numériques, des superpositions vocales, jusqu’à une immersion absolue.
Empty Hands est un disque féroce qui dissimule une exactitude quasi maniaque. À la première passe, c’est un choc brutal. Aux suivantes, une étape décisive. Grâce à sa faculté à fusionner sans se diluer – metalcore, pop fragmentée, dark-wave, industriel – Poppy livre son projet le plus audacieux à ce jour.
Informations
Label : Sumerian Records
Date de sortie : 23/01/2026
Site web : impoppy.com
Notre sélection
Bruised Sky
Constantly
Nowhere
Empty Hands
