Chroniques

Judas Priest – Invincible Shield (2024)

Pays : ROYAUME-UNI
Style : Heavy Metal
Note : 7/10
Date de sortie : 8 Mar 2024
Sites : Bandcamp | Facebook | Instagram | Archives Métal | Site officiel | Tiktok | Twitter | Wikipedia | YouTube

Cet album est important pour Judas Priest, pour plusieurs raisons. La première est que nous sommes en 2024 et que leur premier album, Rocka Rolla, est sorti en 1974. Ils sont donc considérés comme le premier groupe de metal à sortir des albums à un demi-siècle d’intervalle. Je suppose que la validité de cette affirmation dépend du fait que l’on compte ou non des groupes comme Deep Purple. D’autre part, quelle que soit l’ancienneté du groupe, le dernier album de Priest, Firepower, sorti en 2018, a été considéré comme le point culminant de leur carrière, remportant tout un tas de récompenses en fin d’année. Comment pourraient-ils poursuivre sur cette lancée ?

Plutôt bien, en fin de compte. Cet album n’atteint pas les mêmes sommets, mais il reste très bon à tous points de vue, comme en témoignent son premier titre, Panic Attack, et les trois premières pistes de l’album. Il démarre très bien et on ne peut pas avoir dépassé le titre de l’album sans se demander s’il atteindrait la puissance et l’impact de son prédécesseur.

Panic Attack est la quintessence de Priest, avec des riffs solides et un chant puissant. Les solos de guitare sont magnifiques, un guitariste passant le relais à l’autre, puis les deux s’associant pour un solo commun absolument jouissif. Je ne pourrais pas vous dire lequel est l’œuvre de Glenn Tipton et lequel est celle de Richie Faulkner, mais je ne peux blâmer aucun d’entre eux. Ils font tous les deux un travail magnifique. Rob Halford joue toutes les notes qu’il avait l’habitude de jouer à l’époque, même si, bien sûr, il n’était pas sur ce premier album. La batterie de Scott Travis est également très rythmée lors du final. Et tout le monde est là, sauf l’homme qui est avec eux depuis le plus longtemps, le bassiste Ian Hill, qui a rejoint Priest avant que je ne sois né.

La chanson-titre est un autre point fort, ajoutant un refrain encore plus traditionnellement accrocheur, ce dont un album de Priest n’est jamais avare, même sur ses sorties les moins marquantes. Entre les deux, The Serpent and the King est un autre excellent morceau. Il n’est pas tout à fait à la hauteur de ses prédécesseurs, mais il est si fort que, si nous l’avions entendu isolément, nous en parlerions encore comme d’une nouvelle chanson impeccable de Priest. Dans n’importe quel autre endroit de l’album, elle se démarquerait, mais entre ces deux joyaux, elle n’est qu’un point fort de plus.

Devil in Disguise est le moment où l’album ralentit, conservant la puissance mais abandonnant la vitesse. Ces trois premiers morceaux n’imitent pas Painkiller, mais ils sont tous nettement plus rapides, rappelant à ceux qui n’y prêtent pas attention à quel point Priest a influencé la naissance du speed metal et, dans son sillage, du thrash metal. Devil in Disguise, Gates of Hell et Crown of Horns se contentent d’être du pur heavy metal, sans avoir besoin d’influencer un nouveau genre. Ils avancent sans effort et dégagent un archétype de cuir clouté. La majeure partie du reste de l’album suit le même chemin.

Ce sont toutes de bonnes chansons, comme d’ailleurs toutes les autres qui suivent, ce qui fait onze titres en tout. Cependant, ce sont les morceaux les plus rapides qui me font vibrer, ce qui signifie généralement les trois premiers morceaux et As God is My Witness, où Halford reste plus lent que les instruments qui l’entourent, mais tout aussi puissant. Ces morceaux plus rapides sont des armes soniques, alors que le reste des morceaux incarne le titre, capables de résister à tout ce qu’on leur lance, mais ne cherchant pas particulièrement à faire des dégâts, sauf en cas d’absolue nécessité.

Pour savoir si cet album est aussi fort que Firepower, il faut savoir ce que l’on attend d’un morceau de Priest. Je peux aimer passionnément un classique lent de Priest comme Victim of Changes, mais c’est The Ripper, Electric Eye et Painkiller que je mettrais pour me sentir invulnérable. Ce n’est pas le cas ici, les quatre titres les plus rapides étant les plus proches. La plupart d’entre eux renvoient à leur matériel plus commercial, comme Breaking the Law et You’ve Got Another Thing Comin’, mais avec un côté moderne et élégant. Le meilleur exemple est sans doute Crown of Horns, une chanson pleine de charme que le public américain adorera, j’en suis sûr.

Pour ma part, j’adore cette chanson, mais je préfère généralement les morceaux d’ouverture, de sorte que cet album est merveilleusement fort pour moi, mais ne tient pas les promesses qu’il a faites en commençant.