Sylosis – The New Flesh
Les Britanniques de Sylosis poursuivent leur chemin dans un thrash metal contemporain de plus en plus incisif. Trois ans après A Sign Of Things To Come, le groupe dévoile son septième opus studio, The New Flesh. Avec des riffs qui vous vrillent le cou, une ambiance post-apocalyptique et une introspection profonde et brute, Sylosis nous plonge à nouveau dans les abysses d’une psyché humaine en pleine agitation.
Un album au style rétrofuturiste
Dès la couverture, l’ambiance est posée : un visage robotisé, divisé en deux, surgit d’un océan de rayons rouges, évoquant une renaissance mêlant mécanique et organique. The New Flesh assume pleinement son titre : une métamorphose, un choc entre l’humain et la machine, oscillant entre un thrash rugueux et des arrangements atmosphériques.
Cette vibe rétrofuturiste imprègne des morceaux comme « Erased », où la section rythmique militaire heurte la mélodie vocale de Josh Middleton. Ça frappe fort, ça happe l’oreille, et les riffs s’incrustent dès le premier passage. De même, sur « Lacerations », le refrain – « Are you alive or is it just a chemical feeling ? » – pose une interrogation existentielle au cœur d’une tempête musicale.
Le côté rétrofuturiste s’affirme sur « Adorn My Throne », qui débute par une intro presque synthwave, aérienne et glaciale, avant de virer vers une voix traitée au vocodeur. La dualité entre organique et mécanique culmine ici. Sylosis livre un passage presque épique, où l’émotion grimpe en flèche sans atténuer la sauvagerie rythmique.
Un impact contrôlé et percutant
Au-delà de son esthétique rétrofuturiste, The New Flesh est conçu pour ne pas lâcher prise. « Spared From The Guillotine » dévale à bride abattue dans un death pur et dur, direct et presque primal. Un hommage aux origines plus crues du groupe, quand Sylosis tablait sur l’effet choc immédiat. C’est une cavalcade effrénée : le titre fonce sans frein et ne reprend haleine qu’à sa fin.
« All Glory, No Valor » suit sur la même lancée, avec une densité accrue et une texture plus lourde et visqueuse. Les riffs progressent en crescendo, et en une trentaine de secondes, une atmosphère guerrière s’installe. Le refrain, imposant et acéré, rappelle l’efficacité d’un Machine Head au sommet : franc, rassembleur, impitoyable.
Ce qui soude le tout, c’est la batterie implacable d’Ali Richardson. Son jeu est net, vigoureux, toujours en alerte. Il impose un rythme soutenu avec une facilité bluffante, ne ralentissant que pour mieux broyer l’auditeur via des ruptures massives et dosées. Il est épaulé par les guitares tranchantes de Conor Marshall et Josh Middleton, qui découpent l’espace sonore pour un thrash actuel et aiguisé.
Introspection et charge émotionnelle
Sous la maîtrise technique et la fureur, l’album révèle un récit introspectif. Au cœur de cette intensité émotionnelle trône la voix de Josh Middleton : growls graves, cris fry perçants, mélodies claires et investies. Il explore toute la gamme de ses ressources avec une assurance et une souplesse impressionnantes. Rien ne semble artificiel : chaque style soutient le message, chaque nuance amplifie l’effet.
Si l’opportunité transpire l’urgence, ce bouillonnement trouve un contrepoids surprenant avec « Everywhere At Once ». C’est probablement la première vraie ballade du groupe, sans jamais verser dans le sentimentalisme. Au milieu du tumulte, ce morceau offre une pause : la voix de Middleton y gagne en clarté, presque en vulnérabilité, comme un vrai bol d’air dans cette œuvre compacte.
Avec The New Flesh, Sylosis marque un jalon supplémentaire. Leur musique demeure actuelle tout en honorant les influences des années 2000 qui ont forgé leur style. Innovants, percutants et chargés d’émotion, les onze pistes de cet album forment une bulle intemporelle : l’idéal pour métamorphoser une journée noire en explosion libératrice.
Notre sélection : Lacerations, Adorn My Throne, All Glory, No Valor
